731ee7d6-4f5e-11e2-8edb-f21234471230-493x328J'évoque là le sort fait aux "mules", ces personnes qui ingèrent jusqu'à 2kg de cocaïne conditionnés dans des préservatifs afin de les livrer aux gros dealers installés en France.

La Guyane est particulièrement touchée. Il n'est pas de semaine sans que les douaniers n'interpellent, à Cayenne ou à Orly, un jeune qui se prépare à voyager ainsi, au péril de sa vie, pour un gain dérisoire (on parle de "prime" de 1.500 à 2.000 euros, souvent destinés à l'achat d'un scooter). L'infraction étant caractérisée, le procès arrive vite et le fautif écope d'une peine de prison relativement faible (de un à deux ans dont une grosse partie ferme) qu'il exécute dans la foulée.

C'est à la sortie que ça se complique. Parce que l'amende douanière calculée sur la valeur estimée de la marchandise le met complètement sur la paille, sans aucune chance de s'en sortir par des moyens "honnêtes (on arrive vite à des montants de 10 à 20.000 euros, voire davantage). De deux choses l'une: ou le condamné est sans ressources et sans emploi et il végétera avec le RSA (non saisissable) ou il en trouve un et le fisc lui tombe dessus, saisissant la quotité disponible, ne lui laissant que le RSA pour survivre. Dans ces conditions, quel intérêt a-t-il à travailler, à se réinsérer dans la société des honnêtes gens?

 

Drogue. Malgré les risques, les "mules" se multiplient

D'habitude, c'est de Cayenne, en Guyane, qu'embarque vers l'Europe le plus grand nombre de " mules ", ces passeurs qui transportent la cocaïne dans leurs bagages ou même " in corpore ", ingérant des dizaines d'" ovules " thermo-soudés. L'étudiante martiniquaise était, elle, partie de Fort-de- France.

http://www.letelegramme.fr

 

Pas question de tomber dans le laxisme. Parce que participer à un commerce de la mort est inacceptable ; et le risque d'un accident mortel pour la mule est considérable (il suffit pour cela qu'un préservatif craque dans le tube digestif). Mais entre un renforcement de la sanction pénale et une perpèt fiscale", on doit pouvoir:

- améliorer la sanction / dissuasion ;

- ne pas enfermer socialement un petit con pour le reste de sa vie.

Augmentons le temps d'incarcération, ajoutons des sanctions de substitution (résidence surveillée, port du bracelet électronique, interdiction de séjour, obligation de travailler ou de suivre une vraie formation qualifiante, etc.) Et calculons l'amende douanière non pas en fonction de la marchandise, mais en fonction des capacités réelles du délinquant (réduction, étalement dans le temps par des saisies d'un montant raisonnable)

On évitera ainsi que certains ne récidivent... Pour payer leur amende.

benjamin borghésio