Le parcours sinusoïdal du député "mariniste"

Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent.

 

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68917_girouettesTrente ans de militantisme politique avant d'accéder au nirvana, le 17 juin 2012: Gilbert Collard était élu député du Gard sous les couleurs du «Rassemblement Bleu Marine» soutenu par le Front national. L'avocat médiatique, issu d'une famille bourgeoise, a grandi au château de la Madone à Marseille. Un père royaliste maurassien, membre des Camelots du Roi, ami de Léon Daudet (selon le fils)

- Mon père m'a fait lire Maurras, Marx, j'ai lu Bainville, Jaurès, Proudhon... (G Collard) 

La faculté de droit à Aix-en-Provence puis l'installation comme avocat à Marseille, dans un cabinet éminemment lucratif dont la vitrine est la forte teneur médiatique de «Maître Collard», animateur de l'émission «Les Grandes Gueules» sur RMC, et qui, malgré son mandat de député, ne compte pas abandonner sa profession d'avocat.

Socialiste, puis trotskiste

Gilbert Collard a commencé au Parti socialiste (1981, comité de soutien de François Mitterrand). Mais pour la présidentielle de 1988, il soutient Pierre Boussel, le candidat du Mouvement trotskiste pour un parti des travailleurs (MPPT). Collard condamne à l'époque les centres de rétention pour étrangers :

- Je suis ici en tant que témoin. Je crois qu'à l'heure actuelle, sans que les gens s'en rendent bien compte, les droits de l'homme sont en danger. Comme partout on cherche, sur les mécanismes de la peur et de l'inquiétude, à gagner des voix. On peut se demander si ces hommes, ces femmes, ces enfants entassés dans ces cimetières de béton, que sont les centres de rétention, et qui subissent l'expulsion comme on subit l'humiliation, ce n'est pas plus la raison d'Etat racoleuse que la justice. (oui c'est lui qui a dit ça!)

MRAP et... pro-négationniste

Deux ans plus tard, membre du secrétariat national du MRAP (Mouvement contre le racisme), au moment où il défend un négationniste, il est exclu en même temps qu'il démissionne du mouvement.

Il soutient alors les "Premières Assises en défense de l’immigration" du Comité national pour la défense des travailleurs immigrés en n'ayant pas de mots assez durs contre le «vocabulaire microbien» de Jean-Marie Le Pen,. Pour autant il soutient maintenant avoir été pro-Algérie française durant sa jeunesse.

Radical et chiraquien

Suite à une vieille rancœur contre Bernard Tapie, Collard quitte d'abord le PS en 1992 lorsque celui-ci entre au gouvernement.

Puis il soutient le RPR Hervé Fabre-Aubrespy, adversaire de Tapie aux législatives dans les Bouches-du-Rhône.

En 2001, après retour à gauche et à l'extrême gauche, Collard s'affiche clairement à droite,  (candidat à l'élection municipale de Vichy). Battu, il ne siègera jamais au conseil municipal.

2005: dans une interview à France Soir, il s'affirme cette fois «radical et chiraquien».

2008, de nouveau candidat à Vichy sous l'investiture Nouveau Centre: il arrive troisième, et appellera sans succès à voter pour le Parti Radical de Gauche.

Frontiste

Mai 2011, il déclare sa flamme aux thèses frontistes et préside peu après le comité de soutien de la candidature d'extrême droite de Marine Le Pen. Cette fois, même s'il ne s'encarte pas, il jure être "mariniste".

"Anarchiste de droite" chez les lefebvristes

Extrême gauche, gauche, droite, extrême droite : Gilbert Collard changera même de tablier en passant de la Grande Loge de France à la Grande Loge nationale française.

Il aura ainsi goûté à toutes les cuisines électorales. Depuis son arrivée dans le giron du FN, Collard se définit désormais volontiers comme "anarchiste de droite", aristocrate des temps modernes.

Premier coup d'éclat au sein du FN à Nice, lors des journées d'été du parti, en septembre 2011. Lors de son discours, il multiplia les effets de manche et emperla petites phrases et calembours pour le bonheur des journalistes et des militants.

Vingt ans après son attaque de Jean-Marie Le Pen, Collard réalisait en virtuose un acrobatique tête-à-queue, pour balayer la poussière du passé, et rendre hommage au fondateur du FN, Jean-Marie Le Pen.

Aujourd'hui, Gilbert Collard prend sans façon position en faveur des lefebvristes  Revue nationale-catholique Nouvelles de France:

- Moi, je suis allé pour la première fois à une messe à Saint-Nicolas-du-Chardonnet : en voilà, des curés ! Ils ne doivent pas tricoter dans leur séminaire. Parce que le sermon que j’ai entendu, c’était un vrai sermon. Eux, au moins, ils savent parler aux gens. Ils ont le fond et la forme.

La boucle est bouclée.

 

Source: GOLIAS HEBDO & resistances.be